(Participation spéciale) – C’est la toute première fois que je participe à ce blogue, je suis l’administrateur du blogue 3eavenue, qui présente régulièrement différents créateurs pour combler vos vides d’inspirations.
Avec cet article, je désire partager avec vous le fait que je nous considère, nous les graphistes, comme une sorte de race d’extra-terrestre venue d’on ne sait où pour agrémenter la vie et la vue de différents concepts visuels. Il m’est arrivé quelque chose dernièrement qui m’a frappé en pleine gueule comme un dix roue dévalant l’autoroute à toute vitesse : nous sommes différents.

Étant un fan fini de tout ce qui concerne la typographie, j’ai fait l’achat dernièrement de plusieurs T-shirts qui présentent différentes polices de caractères ainsi que leurs créateurs proposés par DADADA studio. Ces achats n’étaient pour moi qu’une question d’esthétisme puisque ces T-shirts ont toute une allure, en fait, ils sont magnifiques.
Tel un paon fier d’afficher aux yeux de tous son appendice, je me targue de porter ces Helvetica, Myriad pro light, Avant Garde Gothic et Futura Medium. Au travers des Rues de Sherbrooke et de Québec, je repends ces magnifiques caractères comme le font les accros à la musique métal avec leurs t-shirts de groupes préférés. Jusqu’à la semaine dernière, ces t-shirts m’ont apporté que fierté et bonheur, mais voilà que quelque chose s’est produit qui m’a bien fait rigoler et m’a ouvert les yeux sur une réalité.
Je sortais du Gym, question de conserver ma bedaine à un niveau respectable, lorsque la commis à l’accueil m’a arrêté en me criant pratiquement à tue-tête : « Eille, qu’esse tu fais dans vie pour porter ça? ».
Cette question m’a violenté psychologiquement tellement cette personne a manqué de tact, j’ai eu l’impression qu’elle venait de me prendre au fait d’enjoliver une voiture de flic par de magnifiques graffitis colorés. Le temps de reprendre mes esprits et de retrouver mon calme, je lui dis bêtement, je suis graphiste.
Elle me regarde pendant deux ou trois secondes avec un air incrédule et naïf. Soudain, d’un rictus joyeux et franc elle me répond, « Moi j’étudie en graphisme ». Que voulez que je réponde à ça, je n’ai trouvé rien de mieux à dire que : « Ah, c’est cool... » Je suis alors parti en la saluant.
Cet incident m’a permis de constater quelque chose, à chaque fois que je porte un de ces t-shirts, il m’arrive de croiser des regards interrogateurs ou pensifs qui se figent sur ces magnifiques caractères. J’en ai conclu que je portais sur moi une sorte de code que seuls peuvent déchiffrer les communicateurs, les graphistes, les directeurs artistiques, ces marginaux qui évoluent dans ce monde d’empattement et d’italique, et que je considère comme mes frères d’armes
En effet, des frères d’armes, car ce métier est selon moi une sorte de guerre, une guerre contre la facilité et l’ignorance, et ses armes sont l’innovation, la création et l’audace. Grâce à ces t-shirts, je peux distinguer parmi la foule mes collègues venues de la planète Pantone qui chaque jour s’évertuent à repeindre la réalité et les murs gris du quotidien.
Au plaisir de croiser vos yeux sur mes bâtons que j’affiche fièrement sur mon tronc!
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